Comportement et Posture : évolution du bien-être dans le travail

Voici donc un thème de travail que je propose à mes élèves et stagiaires.

Le bien-être se définit dans les dictionnaires (j’ai pris un larousse et un robert) comme étant la sensation ou l’état agréable résultant de la satisfaction des besoins physiques, des besoins du corps, du calme de l’esprit, de l’absence de tensions psychologiques.

On comprend donc très vite que le corps est indissociable de l’esprit. En fait, en toute âme vivante, le corps est indissociable de l’esprit. Et on a souvent tendance à l’oublier … En effet, les approches comportementales de l’équitation du 21ème siècle ont proposé des visions excluant quasiment le corps du cheval. Aussi absurde que ça puisse paraître, ça fonctionne, cela permet un temps de prendre le contrôle du cheval, mais ce n’est pas exempt de tensions psychologiques, premièrement, et deuxièmement, on s’est retrouvé avec beaucoup de chevaux « désengagés » dans le travail, avec donc une formation physique plutôt mauvaise, dans la musculation et dans les directions.

L’idée, sans rien avoir inventer bien-sûr, est de passer ces trois mois à travailler de façon globale sur les questions de comportement et de posture, les deux s’influençant souvent : le calme pour apaiser les tensions, l’énergie pour activer le mouvement ou encore apaiser les tensions pour obtenir le calme, créer du mouvement pour activer l’énergie. Vous voyez ce que je veux dire ? Les portes d’entrée en matière d’équitation et de soins se prennent dans les deux sens !

Le comportement se définit comme l’expression dynamiques des relations dialectiques entre un individu et son milieu. Nous les humains, on fait partie du milieu du cheval. Donc nous avons forcément besoin de maîtriser les connaissances fondamentales qui permette de comprendre le cheval pour ce qu’il est réellement et non pour ce qu’on voudrait qu’il soit ou pour ce qu’on croit qu’il est capable de faire. La connaissance du comportement du cheval vous permet de :

  • apprendre à observer

  • prédire les réactions et les comportements

  • comprendre les capacités cognitives du cheval

  • définir la singularité de chaque individu, quantifier les traits de tempérament

  • envisager des marges de progression réalistes, sans attentes déçues

  • s’adapter ou persévérer

  • privilégier des méthodes d’éducation et d’entraînement

Et bien-sûr, toute la question du milieu est un facteur capital mais ce n’est pas tout à fait le propos ici.

La posture se définit comme une attitude particulière du corps. Elle peut être la conséquence d’un comportement, de bien-être ou de mal-être ou encore une attitude induite chez le cheval et chez l’humain. Elle a vertu, quand celle-ci est guidée sagement, d’apaiser les tensions physiques, en les traversant en conscience sans les ignorer, d’étirer ce qui est raccourcis, de tonifier ce qui est relâché, de respirer, … , ET de favoriser le calme de l’esprit !

Les postures au repos sont à distinguer de celle prise dans le travail mais dans les deux cas elles révéleront plus ou moins d’indicateurs de bien-être, et elles sont souvent corrélées.

La posture revêt elle aussi un caractère dynamique. Déjà en terme équestre, on travaille dans le mouvement, contrairement aux asana en yoga, mais les arts martiaux eux sont justement l’art de savoir bouger. Donc bouger oui mais dans une attitude correcte, avec des angles et des directions précis pour que toute la biomécanique aille dans le but de préserver l’intégrité musculo-squelettique et apaiser le mental du cheval, ce grand nomade.

Ici, Cara, ponette DSA de 5 ans, dans une attitude avec un angle inférieure à 45°, les oreilles orientées sur le côté, avec un naseau légèrement retroussé et qui soutient sensiblement son épaule gauche.   La gestion du comportement, de l’équilibre, et de la posture sont simples dans ces conditions et sont aussi la conséquence de directions précises, d’aides et de méthode de travail choisie en fonction du tempérament et du développement de la ponette.

L’enjeu synergique entre la gestion du travail, celle du comportement (individu + milieu) et celle de la posture est alors de taille si l’on souhaite mesurer une évolution du bien-être.

Ça veut donc dire qu’on ne priorise pas nécessairement une vision plus comportementale ou plus équestre (car oui la « juste » technique équestre est un outil de bien-être) ou plus physique mais que au contraire, le tout permet d’apporter un début d’ équilibre au cheval.

Certes par moment il y aura des aspects à prioriser, mais toutes ces dimensions communiquent entre elles, donc si vous en améliorez une réellement, elle déteindra sur les autres, même si ça a sérieusement fait râler un temps votre équidé préféré.

En revanche, une dernière chose qu’on a tendance à oublier facilement, c’est la présence de lésions qui vont entraver l’évolution des chevaux. Très spontanément, car les chevaux souffrent en silence et que nous possédons naturellement un ego d’humain, les cavaliers vont vite mettre les problèmes rencontrés sur le compte de la mauvaise volonté. Pour mémoire :

  • le cheval est dans l’incapacité cognitive de fomenter une mutinerie avec préméditation à votre encontre

  • le comportement, l’attitude du corps et ses réactions ainsi que le travail sont des vases communiquant

Ce qui signifie qu’il faut avoir assez de faculté d’observation et de connaissances du cheval pour distinguer ce qui a trait au tempérament, à l’expérience, aux restrictions du corps et à la gestion du travail.

Trois mois, c’est un peu court pour aborder tout ça non ? Mais essayons quand même !

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