Pour en finir avec l’équitation éthologique

Il y a quelques années, j’ai organisé une mini-conférence sur le thème  » Éthologie et Équitation Éthologique : Différences et Origines. » Nous étions peu, mais elle a eu lieu. A l’époque, j’avais encore assez de détachement pour effectuer ce qu’on appelle une « rupture épistémologique ». C’est ce qui vous permet d’aborder un sujet sans projections, biais personnels et jugement de valeurs.

Aujourd’hui, c’est un point de vue  plus entier que je souhaite partager. J’essaye souvent de pacifier les relations en trouvant des compromis, du juste en toute chose, de l’équilibre en ne rejetant pas tout de suite ce qui me heurte de prime abord. Ce penchant naturel pour arrondir les angles, n’est que la moitié de ma polarité . Ce qui veut dire qu’à cette tendance diplomate, répond un engagement sans consensus dans le conflit lorsque cela est nécessaire et inévitable. Et c’est ce que pourrait susciter les lignes qui vont suivre.

L’Équitation éthologique n’est pas logique !

En quoi se distingue l’équitation éthologique ? Elle repose essentiellement sur les 7 jeux de PAT PARELLI ( 7 exercices par lesquels les chevaux et cavaliers doivent obligatoirement passer pour maîtriser la « base ») et elle a été pré-digéré pour vous par Le Haras de La Cense, temple de l’équitation éthologique en France.

Il s’agit en réalité d’une interprétation des méthodes des chuchoteurs et horsemen américains. Cette équitation prétend  mettre en avant les modes d’apprentissage du cheval, ses facultés de compréhension. Le but serait de pratiquer l’équitation sans conflit inutile avec le cheval, en le persuadant d’obéir en douceur, en usant de moyens non-violents.

Pourtant un des principes de l’équitation éthologique est de se poser en tant que dominant ou leader de son cheval, concepts erronés, on le sait aujourd’hui.

Que ce passe t’il en fait pour les chevaux ? Cette obsession pour l’obéissance et les objectifs à valider font énormément de dégât. Car si tous prétendent être doux et non-violents, c’est tous le contraire qui se produit : la méthode de travail est très psychologique, c’est vrai, et la psychologie, ça sert aussi à manipuler l’autre. Donc en gros, on use de méthode « très efficace » en se fichant complètement de comment le cheval s’exécute (état émotionnel et qualité biomécanique). Le stress important engagé dans cette méthode est tel que les chevaux, terrassés par l’incohérence du propos, en viennent à se mouvoir dans une activité vide de sens pour eux, quand on en vient pas à porter atteinte à leur propre intégrité et que l’on a donc activé très fort des mécanismes de défenses chez lui.

Vous pouvez ne pas être d’accord avec ce qui précède, mais les chevaux sont bel et bien abusés dans ces situations, où on porte atteinte à leur dignité en leur proposant des activités dégradantes, et la violence du propos pousse le cheval d’un naturel, comme moi, plutôt pacifiste, à se révolter.

Ci-contre, désensibilisation à la rue-balise. Ce qui devrait vous permettre de chevaucher une monture sans peur et sans reproche en extérieur si vous croiser ce type d’artefact. Ou pas !

 

Vous pouvez ne pas être d’accord avec ce qui précède, vous pourrez toujours trouver le professionnel qui se distingue des autres bouchers mais n’oubliez pas une chose, l’intention de l’humain qui tient la longe et le bâton a son importance.

Des dégâts irréversibles

Et les dégâts sont irréversibles …  Ou difficilement récupérable : des chevaux qui sont en conflit de motivation si on change leurs habitudes de travail, et qui peuvent même produire des réponses incohérentes et dangereuses pour eux et pour les humains (exemple du cheval à qui on demanderait de marcher à l’épaule et qui s’est fait toujours rembarré juste derrière le coude de l’humain), réorganiser leur locomotion, le fameux désengagement de l’arrière-main qui détruit littéralement tout engagement dans un travail équestre réel, etc.

Distinguer L’Éthologie de l’équitation éthologique

Donc, là, on ne sait plus tellement en quelle langue le dire …

L’éthologie = l’étude (scientifique) du comportement animal.

Parler d’éthologie par fainéantise verbale pour désigner des « jeux » (au passage, il a été démontré que les chevaux adultes qui jouent ne sont pas forcément en situation de bien-être, c’est même parfois le contraire…) en licol corde et carrot stick constitue probablement le pire abus de langage du monde du cheval.

Distinguer les deux disciplines, me parait capital pour :

  • avoir conscience de ce que l’on fait réellement
  • se prémunir d’éventuelles dérives sectaires et/ou méthodes commerciales
  • comprendre la nature du cheval , c’est comprendre la singularité de chaque cheval et chaque situation
  • se rappeler que l’efficacité n’est pas une fin en soi, c’est ce qui a pu séduire avec l’arrivée des « nouveaux maîtres »
  • garder à l’esprit que les gens de chevaux n’ont pas tous attendu l’équitation éthologique pour avoir une compréhension fine du cheval en parallèle du travail équestre

Quels concepts utiliser aujourd’hui ?

C’est que l’on a quand même besoin de mot pour dire ce que l’on souhaite.

Première proposition :

Vers l’Éthologie appliquée : s’appuyer sur la science et ses publications ainsi que l’observation personnelle pour se guider plutôt qu’un croyance aveugle en une méthode ou un professionnel qui vous laissera tomber dès qu’il aurait semer suffisamment de discorde entre vous et votre cheval

Encore une :

Parler d’ Équitation Éthique : il n’y a rien de mal à chercher à être respecter en tant qu’élève et en tant qu’individu dans le milieu équestre, bien au contraire, et il en va de même pour nos chevaux bien évidemment.

Ça semblerait même être l’enjeu du siècle !

C’est tout naturel de vouloir communiquer finement avec les chevaux et d’apprendre leur langage, un peu, mais surtout d’avoir ce langage commun, qui fait qu’on peut faire ensemble de si jolies choses et  qui s’appelle l’Équitation .

 

 

 

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30 commentaires pour Pour en finir avec l’équitation éthologique

  1. renard véronique dit :

    parfait, juste et parfait

  2. ce qu’il faut de modération mais également un avis claire , honnête et selon moi, juste.
    Bravo
    je suis perpétuellement en questionnement concernant ma façon de faire avec mes chevaux.
    Votre article ne me dédouane pas totalement parce qu’il y aura toujours un doute mais il me conforte dans mes idées, dans mes envies d’être avec eux et d’aider les gens à être, autrement, avec eux. .
    Alors merci beaucoup
    véronique RENARD

  3. fivel dit :

    Heureusement qu’il existe d’autres approches que le haras de la cense qui est effectivement à but commercial!….Heureusement que Monty Roberts a existé pour nous donner une autre approche dans le débourrage des chevaux…j’appartiens à une génération qui ne connaissait pas le mouvement des chuchoteurs…et je suis très heureuse d’avoir enrichi ma relation avec les chevaux gràce à eux!…

    • aurorefougeray dit :

      Malheureusement, le join-up de Monty Roberts a fait lui aussi beaucoup de dégâts…

    • sagganuts dit :

      Monty Roberts, je ne le sens vraiment pas. Oui, son join up peut faire beaucoup de dégât, et quand on voit une vidéo comme celle-ci ou il assiste imperturbable à un débourrage violent en Argentine sans rien dire… mouais… https://www.youtube.com/watch?v=YqIdnqPhSf4&oref=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DYqIdnqPhSf4&has_verified=1
      Certains disent qu’il était la pour montrer les différences de débourrage, mais je pense qu’aucun vrai amoureux des chevaux ne pourrait assister à cela sans broncher.

      • aurorefougeray dit :

        La violence de cette vidéo est difficilement soutenable, et on s’éloigne un peu du sujet, encore que, c’est bien la question de la violence qui se pose. Je peux comprendre que Monty Roberts ne se soit pas senti à l’aise pour intervenir (difficile quand vous êtes en pays étranger et que vous ne cautionnez pas le traitement prodigué aux chevaux et que vous êtes SEUL en minorité, j’ai vécu cette situation), en partant du principe qu’il l’aurait voulu, ça on ne le saura pas…
        Pour ce qui est du join-up,ou de méthode d’équitation dite éthologique, en comparaison à la vidéo, c’est qu’il s’agit d’une violence bien plus silencieuse et insidieuse, mais la violence est bien là, hélas…

      • fivel dit :

        Je n’ai jamais vu une violence aussi épouvantable!!!…je ne connais pas de chevaux ratés par de mauvais éthologues…je ne vois autour de moi que de la bienveillance et des progrés indiscutables avec de jeunes chevaux délicats et j’ai passé ma vie de cavalière à chercher une relation positive avec mes chevaux.

      • Je suis tout a fait d’accord pour dire que le join up est une autre forme de violence, mais moins visible oui. D’après mes recherches, cette vidéo en fait a été « voulue » par monty roberts afin de montrer les différences de dressage entre les deux méthodes, et pour appuyer son point de vue et sa méthode. Je l’ai postée pour montrer que ce n’est pas un homme parfait, et que créer une méthode « clé en main » ultra markétée (il n’y a qu’à voir la page facebook de monty roberts) peut cacher des choses.
        J’ai beaucoup aimé votre article. Je pense qu’en effet cette équitation éthologique pratiquée avec des méthodes toutes faites peut faire beaucoup de mal. On peut rapidement perdre une certaine spontanéité et un certain bon sens en voulant à tout prix reproduire ces méthodes, sans forcément bien les comprendre. Il faut parfois se faire confiance et se dire que l’on peut régler les problèmes en se recentrant sur le cheval et sur ce qu’il ressent, et en écoutant son instinct.
        Il ne faut pas oublier que le cheval est une proie, et avoir un instinct de fuite et de peur est vital pour lui. Si on lui retire complètement ces instincts, cela peut etre très violent psychologiquement, le cheval peut vite devenir un « légume obéissant ». De même que le join up, où le cheval est censé fuir son chef de troupeau, se veut de refléter ce qu’ils font dans la nature, mais roberts tente de le reproduire dans un espace clot ou le cheval n’a d’autres choix que d’abandonner au bout d’un certain temps.

      • aurorefougeray dit :

        Alors mais mille mercis Charlotte de soulever que Monty Roberts a probablement voulu, en fait, cet effet de « contraste », pour poser son join-up comme étant une méthode douce. En fait on imagine mal un homme de sa notoriété, un américain de surcroît, ne pas maîtriser de A à Z son image. C’est très vendeur, d’opposer son join-up, qui rappelons le, fait lui aussi beaucoup de mal au chevaux face à un tel massacre.

      • Voila, vous avez parfaitement résumé ma pensée exprimée un peu plus maladroitement, complètement d’accord avec vous.

  4. Aislinn dit :

    Je suis des cours d’éthologie à la fac (toutes espèces confondues) et je pratique l’équitation éthologique.

    La notion de leader n’est pas erronée. Elle a changé, évolué. Cf l’article d’un cheval a l’autre qui a su retranscrire simplement où en sont les chercheurs en éthologie sur le sujet.

    La désensibilisation a pour premier objectif d’apprendre au cheval à gérer sa peur, pas de ne plus avoir peur. Le miens quand il a peur va maintenant voir ce qui l’inquiète à son rythme, observe, analyse sans fuir. Objectif atteint, je sors en balade en totale sécurité avec un cheval curieux qui a appris à privilégier l’analyse de la situation à la fuite en premier lieu.

    Mon cheval n’est pas en conflit de motivation comme vous dites quand je change ses habitudes. Car justement je me suis adaptée à sa personnalité. Au contraire il a de plus en plus de motivation, d’implication dans les exercices LUDIQUES que je lui propose.

    Si je m’inspire des 7 jeux de pat parelli (appelés jeux pour rappeler au cavalier qu’il faut intéresser le cheval, que ça doit être ludique, stimulant) au début pour instaurer quelques bases bien pratiques, je ne suis pas cette méthode en profondeur.

    Cependant, ces  » jeux » sont logiques et bien basés sur les techniques d’apprentissage et de communication des chevaux. A prendre ou à laisser, chacun fait comme il le souhaite mais cela suit réellement leur fonctionnement.

    Alors on peut appeler ça de la manipulation en effet. Tout comme on peut appeler votre article de la manipulation (montrant les cas extrêmes et bien sûr que les mauvais). Car vos exemples sont incroyables (vrais dans certains cas oui, CERTAINS). Je suis des gens qui sont très fans de la méthode Parelli, le cheval ne se fera jamais remabrrer parce qu’il dépasse le coude… ceux qui font ça ont très mal compris (dooonc, ont appris seul et disent appliquer cette méthode sans formation préallable ou ont de mauvaises intentions) et appliquent la méthode de façon grossière… et donc en effet dénigrante pour le cheval.

    Bref, tout ça pour dire que j’ai été touchée par cet article (même si j’ai bien aimé la fin) car même si je ne suis pas une adepte de la méthode Parelli, que je ne la pratique que très superficiellement dans mon « équitation éthologique », je suis attristée de voir qie ceux qui la pratiquent avec passion, en s’y investissant en temps, argent pour se former, pour se faire mieux comprendre de leur xheval soit dénigrés au nom de ceux qui ont improvisé seul dans leur coin ou suivi cette méthode dans de mauvaises intentions.

    Pour moi une équitation bienveillante, positive, commence par le respect de l’autre et non pas en dénigrant tout un groupe à cause de mauvais pratiquants.
    Si vous aviez plutôt accusé les dérives de cette méthode plutôt que l’ensemble des pratiquants, loins d’en être à ces extrêmes j’aurai totalement approuvé votre article.

    Pour moi on ne fait pas ouvrir les yeux aux gens en les attaquant sur ce en quoi ils croient. Leur montrer qu’il y a une meilleure manière de faire me semble la meilleure solution. Pas rabaisser la leur, mais élever la votre…

    • aurorefougeray dit :

      Chère Aislinn, merci pour ce commentaire qui fait raisonner une voix peu commune. Je suis persuadée que vos propos sont vérifiables sur le terrain car je comprends en vous lisant, que vous avez parfaitement conscience de ce que vous faites et pour moi ça fait une grosse différence, cela fait 10 ans que je croise des dizaines de chevaux et cavaliers en berne face à ses méthodes, poutant … En tant que professionnel, j’ai essayé de faire aussi raisonner une voix plus douce sur la question et de faire des distinguos mais en vain. Je me rends à l’evidence: les choses n’iront pas mieux de la sorte. De mon côté, j’irai appuyer sur TOUS les déclencheurs favorables à ce qui ira dans le sens d’un réalignement juste de la vision du cheval, de son cavalier.
      Encore merci d’avoir pris la peine de laisser un commentaire si precis et précieux, car vous faites probablement partie des changements positifs du monde du cheval !

    • fivel dit :

      Je suis entièrement d’accord avec vous. il faut étudier beaucoup de méthodes, observer les chevaux en liberté, travailler sa technique équestre pour prétendre un jour arriver à BIEN communiquer avec ses chevaux.

    • Philippe Weyne dit :

      Quel plaisir de lire cette réponse !
      Ok pour dire que l’expression « équitation éthologique » n’est pas parfaite. « Éthologie appliquée » est bien mais il manque « équitation » …
      Il est vrai que Andy Booth a été utilisé dans un sens commercial à La Cense ! Mais il a eu l’énorme mérite de décomposer et clarifier une méthode et de la rendre compréhensible. Des milliers de chevaux et de cavaliers lui doivent beaucoup ! La lecture complète de livres de Pat Parelli ne m’a pas permis de comprendre pour progresser… en dehors des 7 jeux à appliquer mais sans compréhension, donc sans adaptation aux différents chevaux ou différentes situations…

  5. Charlyne dit :

    Tout d’abord merci et bravo pour cet article très clair et selon moi très juste.
    C’est souvent dur de mettre des mots sur « l’éducation au feeling » et encore plus dur de se « justifier » auprès des fameux savants de notre entourage.

    J’ai un poulain de 2 ans adorable et qui heureusement a fini par pardonner mon erreur de m’être contrainte à écouter les autres plutôt que de l’écouter lui.

    Sinon j’avais une question concernant les dégâts que vous citez du joinup de Monty Roberts
    J’avais suivi son aventure sur DVD mais j’étais très jeune et je ne me suis pas encore poser la question.
    Si vous pourriez m’expliquer un peu les problèmes je vous en serais très reconnaissante 🙂

    • aurorefougeray dit :

      Bonjour Charlyne, merci pour votre soutien, je peux vous assurer que ça compte énormément, concernant le join-up : faire courrir le cheval dans round pen indéfiniment déclenche en fait des taux de hormonal de stress qui à vrai dire abruti les chevaux, cette fameuse acceptation du « dominant » dont on parle n’est en fait que le cortisol qui vient anesthésier le cheval, le catapultant même parfois dans une phase de résignation acquise : sorte de labyrinthe sans sortie pour certains chevaux que de chercher à fuir l’homme sans issus à leur requête.

  6. Nanamousse dit :

    Et alors la méthode d’Andy Booth qu’en pensez-vs?

    • aurorefougeray dit :

      Bonjour Nanamousse,
      Andy booth est un élève de Pat Parelli qui a été instrumentalisé (et abusé ?) par le Haras de La Cense . Il a aujourd’hui son école indépendante. Ses qualités de personnes de cheval, horseman, sont indéniables car il a beaucoup chercher à comprendre et il continue toujours semble-t’il. en renvanche il est loin d’enseigner une équitation que j’admire personnellement, mais pour revenir sur la fameuse intention, et pour l’avoir rencontré, il dégage quelque chose de bienveillant , bien plus que son propre maître américain.

  7. Lucie dit :

    Bonjour et merci pour cet article,
    je n’ai jamais vraiment pratiqué cette équitation dites « éthologique », Par contre j’ai la chance de côtoyer des vrais « Hommes de cheval » qui avaient bien compris le fonctionnement de nos amis les chevaux…. et ce qui ressort de mon expérience c’est que justement mon cheval est mon ami (bon le terme fait un peu bisounours), mais j’ai essayer d’établir un vrai lien de coopération, pas toujours facile car il a un gros caractère, nous avons établis des règles : non il ne saute pas dans les bras, il respecte mon espace vital, j’essaie de lui proposer des activités qui lui plaise, des fois on travaille aussi plus sérieusement, des fois on est pas d’accord, on se fâche et on se réconcilie comme de vrais amis…. Je ne suis absolument pas son leader mais son coéquipier !

    • aurorefougeray dit :

      Bonjour Lucie, merci pour ce mot que vous vous êtes donné la peine de laisser, qui plus est, en employant les mots justes .Vous décrivez exactement ce que je vis avec les chevaux ! C’est bien ça la vie d’une personne de cheval, avoir des discussions avec nos chevaux, vivre des relations qui ne sont pas parfaites : se construire dans l’imperfection tout en étant sur le chemin de la perfection 😉 Et surtout … l’accepter !

  8. Merci pour cette synthèse quasi parfaite.
    Simple et efficace. Vous pouvez ajouter que les chevaux qui passent par ces méthodes deviennent soi résignés soit agressifs en fonction de leur tempérament.
    Les personnes qui pensent avoir de bons résultats avec leur cheval ne les observent pas suffisamment ou ne cherchent simplement pas là décontraction et le bien être de leur cheval.
    Observez le comportement du cheval au cours de ces exercices…. Et si vous avez cette sensibilité vous comprendrez cet article.

    DOCTEUR EN ETHOLOGIE j’ai eu a récupérer et retravailler des chevaux qui sont passés par là. Une catastrophe physique et émotionnelle.

    • aurorefougeray dit :

      Merci pour votre mot Amandine et d’ajouter ce qu’il faut. Les gens encore une fois manquent d’œil, ils devraient, à mon sens, développer cette qualité d’observation et ils comprendraient ce que nous voyons. IL en va de la responsabilité de tout propriétaires de chevaux, amateurs ou professionnels, de faire la démarche de se former, soit avec un minimum de littérature, soit auprès de professionnels compétents.
      Je déplore autant que vous la catastrophe physique et émotionnelle dont vous parlez, c’est ce qui m’a poussé, à bout à écrire cet article et à aussi proposer la positive, de tout ceci, les ateliers éthologiques afin que les cavaliers deviennent plus autonomes dans leur observation du cheval.

      • Cyns dit :

        Article intéressant mais alors que proposez-vous ? Propriétaire, je n’ ai pas infrastructures, et je suis constemment dans la question de savoir si ma jument (et ponette) se sentent bien dans son environnement et avec nous ?;. Mais comment trouver la réponse ? Parfois on a l impression que oui d autres non et chaque professionel y va de sa méthode ou non méthode. Qui croire ou ne pas croire… Quand on voit certaiens complicité qui lie certains proprietaire avec leur chevaux en total liberté dans un pré. Je pense qu eux ont su lire et écouter les signes et paroles de leurs chevaux et surtout s y adapter.

      • aurorefougeray dit :

        Bonjour Cyns, merci de vous être arrêter sur cet article. Je comprends parfaitement votre questionnement, c’est ce qui m’a poussé à aller étudier le comportement du cheval à l’université et qui fait qu’aujourd’hui je suis beaucoup plus avertie sur mes observations. Je propose de mon côté des ateliers éthologiques chez moi à l’école, uniquement destiné à comprendre, observer les chevaux afin que les propriétaires deviennent autonome dans leur choix de professionnels, de gestion du cheval et libres et indépendants dans leur interprétation du comportements du cheval. Je me déplace aussi auprès des propriétaires, chez eux lorsqu’ils font appel à moi.

  9. Beaucart dit :

    Bonjour Amandine,
    Un grand merci pour votre article. En résumé’ je vous rejoins complètement sur votre analyse…ce que j’affectionne particulièrement dans mon approche relationnelle avec les chevaux c est justement toute la question de la posture de l’humain… innover en quittant la notion de rapport dominant/dominé est le coeur de mon questionnement. Nous vivons dans un monde où le ´´ faire ´´ occupe souvent l’espace du ´´ être ´´. Quand j’étais enfant(11 ans) je passais des apres midi à observer un troupeau de chevaux qui vivait à l’écart de presence réguliere de l’humain ´´ faire ´´ . Ce fut une chance monumentale dans ma vie… les juments n’étaient pas licolées. Etre tolérée dans leur immense territoire fut pour moi une source d’apprentissage du respect du ´´ vivre proche ´´ et des possibles , possibles…. elles protégaient leurs poulains… et avaient une méfiance aiguisée de l’humain…je repète, j’ai appris non pas des numéros ´ni des jeux, mais un comportement même pas d’égal à égal….un comportement humain , celui qui fait que Mowgli embrasse la terre lors du passage des élephants dans la jungle… en grandissant’, je me suis vécue dans toutes sortes de situations de vie avec les chevaux jusqu’à en faire mon métier . J’ai fait tout mon possible pour trouver dans chaque vécu professionnel fait de relationnel cheval/humain pour éveiller chez mes clients cette subtilité qu’est le respect de l’autre, de soi, et la conscience des choix et des objectifs. Aujourd’hui, après avoir pratiqué différentes activités, j’ai fait le choix de faire un break. Les attentes des clients est encore trop imprégnée du resultat visible , au détriment de ce qui se vit à l’intérieur de soi ´ de ce qui vibre dans une relation sensible. Je prépare des stages de rencontre et vie ensemble hors de toutes ces attentes de cavaliers ´ et pédestres à coloration d’ethologie. L’éthologie ce mot employé pour une démarche qui n’a aucun rapport avec la definition de l’ethologie a éveillé d’autres modes d’action’ d’autres activités que le cso, concours complet et heures de club, c est en soi heureux… et diversifiant… toutefois je constate qu’elle est vite devenue un mode de domination…et maintient l’ignorance de cette subtile relation sensible quand ´´ on n’a pas de moyen de rapport de domination’´ du cheval…

  10. fivel dit :

    Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain….Savez vous que Monty Roberts s’est construit en opposition à un père ultra violent avec les chevaux et qu’il débourrait ses poulains en cachette?
    l’apport des chuchoteurs depuis 1990 a permis d’enrichir et de codifier notre comportement de dresseur, à nous de construire notre propre méthode positive…
    Je vous conseille de regarder les tutos sur you tube de nicolas Blondeau qui débourre les futurs champions des hippodromes en qqs jours!..;en douceur, bien sùr.
    En équitation classique, on apprend le fameux  » Calme, En avant et Droit  » du général L’Hotte qui fonctionne bien.
    Aprés 30 ans d’équitation j’utilise la mienne que j’ai construite pas à pas, gràce à un mix entre classique et éthologie, je la résume ainsi  » Décontraction, Affection et Exercices « .
    Essayez la et vous verrez c’est magique!

    • Oui je connais l’histoire de Monty Roberts 🙂
      En me renseignant un peu plus sur le bonhomme, de nombreuses voix émettent de gros doutes quant à son histoire, notamment des propres membres de sa famille qui l’auraient contredit sur l’histoire de son père. Bref je ne veux pas polémiquer on ne saura jamais qui a tord qui a raison, tout ce que je veux dire c’est que il faut faire attention, car tout cela sert bien son propos et rend l’histoire et sa méthode encore plus touchante, de la meme manière que de filmer un débourrage violent… (meme si encore une fois je ne dis pas que je suis certaine à 100% que l’histoire est fausse hein !).
      Et cela ne veut pas dire que tout est à jeter dans ces fameuses méthodes américaines non plus !

  11. Bonjour et merci pour cet article,
    Pour en être passé par là puis sortie, je rejoins votre opinion.
    Peut importe le type d’équitation qui est pratiquée et peut importe la méthode qu’elle soit nouvelle ou ancienne, connue ou pas, c’est clairement la façon dont le dresseur intervient sur le cheval qui est révélatrice.
    Je ne pensais pas un jour que je dirais ça de l’équitation éthologique mais la répétition des mouvements, les différentes phases pour « augmenter la pression » n’ont plus aucun intérêt chez un cheval qui connaît l’exercice et cela ne fait que de détruire son mental (« tais toi et fait vite sinon je te fais mal »)
    C’est malheureusement ce que je vois aujourd’hui et je m’interroge encore au sujet des jeunes chevaux, est-on obligé de passer par là face à un animal un peu lymphatique par exemple ?

    Quoi qu’il en soit, je pense qu’il faut aussi accepter le cheval comme il est et ne pas vouloir systématiquement le formater et lui inculquer une liste de codes en dehors desquels il ne peut pas exister à nos côtés. Mais c’est tellement facile de changer un cheval, vous ne le feriez même pas avec votre propre conjoint !

    • aurorefougeray dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire. J’y trouve en effet beaucoup de justesse teintée de questionnement.
      Moi même, je me trompe encore avec les chevaux mais ce que je sais c’est que je me méfie justement de tout rodage automatique avec eux comme vous dites, l’important est surtout la façon dont on s’y prend avec eux.
      Pour les chevaux dits « lymphatiques », reste à déterminer les causes : tempérament ou condition ? Dans tous les cas, l’augmentation des « phases » est la pire des choses à faire, il faut au contraire persister dans la sensibilisation d’aides subtiles, trouver des situations motivantes pour ces chevaux dans le mouvement.

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