Ethique

Mon parcours m’amène aujourd’hui à considérer que, si il peut être important que le cheval « travaille » (cf De l’éthologie à l’équitation ), son libre arbitre le mènerait  certainement dans une direction un peu différente de celle que nous, humains, avons choisi. Le caractère NON DÉFINITIF de la domestication en est la preuve (chevaux ferraux retournés  à des conditions de vie naturelle : Australie, Etats-Unis, …).

Il doit exister probablement une forme de consentement tacite de la part du cheval sans laquel tout débourrage et autre prouesse équestre seraient impossible. Mais j’aime mieux ne pas perdre de vue que les chevaux acceptent de nous faire plaisir ( quand ils ne sont pas contraint physiquement ) si notre relation est suffisamment positive. C’est pourquoi nous devons chercher activement toute solution qui minimisent au maximum le stress et la douleur chez le cheval dans notre équitation.

Nous pouvons aujourd’hui monter des chevaux déferrées des pieds et de la bouche. Ces orientations forcent à être plus respectueux de la nature du cheval et améliorent la locomotion (puisque le cheval est libéré) , la santé (diminution des blessures autour de la bouche,des membres et du pied, et on pourrait encore longuement discourir sur le sujet) et la finesse (le net regorge d’exemple qui vont dans ce sens).

Les angoisses de perte de contrôle avec un cheval non embouché peuvent se comprendre mais si vous développez votre attention, vous saurez gérer beaucoup de situations délicates et vous affinerez les réponses de votre cheval dans votre dialogue avec lui. J’ai personnellement apprécier l’évolution consciente vers laquelle m’a mené le fait de désemboucher mon propre cheval, je ne m’en remettais alors plus à l’illusion de contrôle qu’était probablement pour moi le mors à l’époque.

Évidemment tout ces changements intervenant dans la vie du cheval (déferrer les pieds et la bouche) doivent être réfléchis et en aucun cas pris sous l’impulsion d’un effet de mode. Il s’agit plutôt de le faire de façon éclairée, si possible entouré de professionnels compétents.

4 commentaires pour Ethique

  1. Bonjour, pourquoi ne considérez vous le mors que dans sa version coercitive ? Si je suis bien d’accord que ce n’est pas le mors qui amène le contrôle mais bien l’éducation, si un mors ne doit pas à mon sens être mis dans n’importe quelles mains, s’il est pour moi absolument pas judicieux de débourrer le cheval avec un mors, celui-ci n’en reste pas moins un outil parmi d’autres, avec une utilité bien précise : il permet d’amener le cheval vers le rassemblé et l’abaissement de la hanche, et permet de guider le cheval afin de lui permettre d’adopter un équilibre longitudinal satisfaisant 🙂
    Et pour ce faire, il n’est pas non plus nécessairement douloureux. et il n’est effectivement par nécessaire d’y recourir dans le cas de tous les chevaux (en fonction de leur aptitude physique et/ou de leur usage)
    Ce sont en tous cas des techniques d’utilisation du mors que l’on retrouve dans l’équitation de légèreté de tradition française (et que l’on ne retrouve que trop rarement désormais dans les enseignements de club fédéraux)
    Merci !

    • aurorefougeray dit :

      Bonjour Valérie, Merci pour votre intérêt. Je suis déjà ravie que nous soyons d’accord sur la question du contrôle et de l’éducation.
      Pour ce qui est du rassemblé et de l’abaissement des hanches, la question reste encore discutable, à vrai dire au moins pour l’abaissement des hanches. De plus, ce n’est pas parce que nous n’avons aucun exemple actuellement de cheval sur « les hanches  » et rassemblé, qui aurait été dressé de A à Z sans mors que cela est impossible. J’entends bien votre argument sur le côté « outil utile » car en effet j’ai bien en tête les différences entre le travail avec et le travail sans mors.Et je sais très bien les dégradation d’équilibre et les déconvenues que l’on essuie lorsqu’on travaille sans mors. Oui, ce n’est pas simple ! Mais c’est qui rend le parcours intéressant (avis perso).

      Pour ce qui est la question de la douleur, alors là, malheureusement, les études ne jouent absolument pas en la faveur du mors. Que ce soit la thèse du docteur Cook qui énumère les problèmes respiratoires et l’impact du mors sur les glandes salivaires et l’atm ou bien encore les études commanditées par Nevzorov qui a mesuré la pression d’une action de main sur les barres via un mors donc (ça se mesure en plusieurs dizaine de kg), difficile avec tout ça de continuer d’ignorer l’épineuse question du mors. Il m’est déjà arrivé de passer de long moment chez le dentiste avec beaucoup d’outil dans la bouche et de me demander si j’allais avoir mal ou non et de me faire la réflexion que je n’avais aucun contrôle là dessus, je pense que c’est parfaitement ce que vivent certains chevaux. Donc oui, certains cavaliers font moins mal à leur chevaux que d’autres. Il n’y a pas de jugement de personne derrière cette réflexion, simplement un désir de faire de mon mieux, à mon niveau, y compris si ça implique de renoncer temporairement à des équilibres idéaux de tradition française et que ceux-ci mettrons du temps à émerger.

      Bonne route !

  2. Votre article vient corroborer un grand nombre d’articles et de livres que j’ai pu lire dans la thématique de l’éthique dans l’équitation, et il rejoint mon avis général.

    Mais vous faites bien de le rappeler, il est très important de faire les choses de façon réfléchie si l’on souhaite changer ses méthodes d’équitation, de dressage ou de débourrage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s